Anthropic réduit fortement la part des recrutements juniors dans ses métiers techniques, selon les informations relayées par *The Decoder*. D’après la source, les postes juniors représentaient 27 % des nouvelles embauches au début de 2025, contre seulement 9 % depuis. En parallèle, l’entreprise s’appuierait de plus en plus sur des agents IA pour exécuter une partie du travail auparavant confié à des profils débutants.
Le signal le plus marquant concerne l’intensité d’usage de ces systèmes. Toujours selon la source, en août 2026, les agents IA utilisés dans l’entreprise cumulaient déjà un volume d’heures de travail équivalent à six fois celui des humains. Pris isolément, ce chiffre ne précise ni les tâches concernées ni la manière exacte dont ces heures sont comptabilisées, mais il illustre l’ampleur de l’automatisation en cours.
Cette dynamique nourrit une inquiétude croissante chez certains chercheurs, qui évoquent une possible « tragédie des biens communs cognitifs ». L’idée est simple : si les entreprises cessent d’embaucher des juniors, elles risquent de tarir le vivier de talents qui devient, avec le temps, le socle des experts seniors. À moyen terme, cela pourrait fragiliser la disponibilité de spécialistes expérimentés dans plusieurs domaines techniques.
Reste une inconnue majeure : ces experts seront-ils encore aussi nécessaires demain ? La montée en puissance des agents IA pourrait transformer durablement la structure des équipes, en réduisant certains besoins d’entrée de carrière tout en renforçant la demande sur des profils plus spécialisés. Le cas Anthropic apparaît ainsi comme un indicateur avancé d’un basculement plus large dans l’organisation du travail technologique.