L’article “Environmental Slow AI: Design Principles for Generative Systems”, déposé sur arXiv, s’intéresse aux valeurs implicites embarquées dans les systèmes d’IA générative. Son point de départ est clair : ces outils produisent des artefacts culturels à grande échelle, mais leur conception reflète aussi des choix de société, souvent orientés vers une logique de maximisation, de fluidité et d’abondance.

Dans cette perspective, le papier mobilise le champ des humanités environnementales pour proposer une autre boussole de conception : faire de la soutenabilité environnementale la valeur centrale des systèmes génératifs. Les auteurs inscrivent cette approche dans le cadre plus large de la Slow AI, une notion déjà présente dans plusieurs programmes de recherche et de pratique, mais ici appliquée explicitement au design des outils génératifs.

Le texte avance cinq principes de conception : la retenue, la suffisance, la sélectivité plutôt que la rétention, la visibilité matérielle et la friction comme affordance. Chacun est mis en regard des choix dominants observés dans des systèmes largement déployés. L’idée n’est pas seulement de modifier l’implémentation technique, mais aussi d’ajouter une couche interprétative qui incite utilisateurs et concepteurs à adopter une posture plus réflexive face au système.

L’argument central est que des interfaces trop fluides et des réglages par défaut invisibles retirent silencieusement une partie du pouvoir de décision humain. En réintroduisant de la friction, de la visibilité sur les coûts matériels ou des logiques de sobriété, cette approche chercherait au contraire à restaurer l’agence des usagers. À ce stade, il s’agit d’un position paper : le document pose un cadre conceptuel et des principes de design, plutôt qu’une validation expérimentale détaillée. Il offre néanmoins une grille de lecture utile pour les équipes produit, recherche et gouvernance qui cherchent à articuler IA générative et contraintes environnementales.